JC Romont
Objectif, le tour final de LNA
Le Judo-club Romont entame samedi sa huitième saison de LNA. Troisièmes du dernier championnat, les Glânois peuvent s’appuyer sur des valeurs sûres, comme Hirano, Maurer – même si ce dernier change de catégorie – Laudrin ou Di Falco. Avec parfois, comme samedi à domicile, la présence de l’international Ludovic Chammartin.
L’heure du combat sonnera samedi pour les Glânois, qui lutteront pour une quatrième médaille (photomontage La Gruyère)
Trois fois troisième: c’est le bilan du Judo-club Romont dans le championnat de Suisse de LNA. Mais le JC Romont, c’est avant tout une école de formation, dont est issu Ludovic Chammartin, membre du cadre préolympique de la Fédération suisse de judo. C’est aussi une politique sportive assumée: faire avec les moyens du bord, et tant mieux si on a toujours le niveau de LNA.
Les hommes de Joël Grandjean (coach) et Yoshiyuki Hirano (entraîneur) reçoivent d’emblée un adversaire direct, Yverdon, samedi matin au dojo des Avoines (10 h 30). Présentation de la saison avec Joël Grandjean.
Joël Grandjean, quelles sont les nouveautés dans le championnat de LNA?
Depuis l’année dernière, le nombre d’étrangers est limité. Sur les 14 combats d’une confrontation, seuls trois d’entre eux peuvent être disputés par des étrangers. Pour ce championnat, il y a maintenant la possibilité de remporter quatre points par rencontre. Avant, c’est le cumul des combats disputés sur une journée qui donnait les deux points de la victoire. Maintenant, il y aura deux points en jeu après le premier passage des sept judokas, puis deux nouveaux points pour le deuxième passage.
Quel est le budget du club?
Pour la LNA, nous comptons une dizaine de milliers de francs de frais. Yoshiyuki Hirano n’est pas rétribué pour combattre. Par contre, il est employé par le club pour le suivi des jeunes et les entraînements qu’il donne. Si on prend en compte son salaire, il faut compter environ 30000 francs.
Comment voyez-vous ce championnat de LNA et quel est votre objectif?
Le grand favori reste Brugg. Ce club a l’ossature du champion et, en plus, il possède plusieurs jeunes d’un très bon niveau. Ensuite, il y a Morges, qui reste battable, on l’a d’ailleurs fait une fois. Dans un même groupe, je placerais Yverdon, Lausanne, qui a regroupé plusieurs jeunes bons éléments des environs, Regensdorf et nous. Reste le nouveau venu, Bâle, qu’on ne connaît pas tellement. Si nous voulons figurer parmi les quatre premiers et disputer le tour final, nous devons commencer par battre Yverdon. L’année dernière, le Fribourgeois David Papaux faisait partie du contingent d’Yverdon. Je ne sais pas si c’est toujours le cas.
Vous manquez de judokas plus lourds. Pourquoi ne pas demander à David Papaux (–73 kg) de vous rejoindre?
Nous l’avions fait la saison précédente, mais David souhaitait combattre dans une équipe qui luttait pour le titre. Ce qui n’était pas notre cas. Il est vrai que nous ne lui avons plus posé la question depuis. Mais, de toute façon, vu ses objectifs (n.d.l.r.: les jeux Olympiques de Pékin), il privilégie sa saison individuelle.
Comment jugez-vous le niveau du judo suisse?
Quand le championnat était ouvert aux étrangers, des clubs comme Wetzikon ou Cortaillod flambaient. Maintenant, ils n’existent plus. A Romont, nous avons terminé 3es du championnat en 2002 et en 2003. Ensuite, durant les années «mercenaires», avec la même équipe nous devions lutter contre la relégation, avant de remonter sur le podium en 2007. Depuis que les étrangers sont limités, forcément, le niveau en championnat a baissé. Il faut reconstruire quelque chose, mais cela demandera quelques années.
Des jeunes judokas pointent-ils le bout de leur nez à Romont?
Nous constatons un trou au niveau des juniors. Par contre, il y a une génération qui arrive, âgée d’environ 17 ans. Il n’y a pas de super vedette, mais c’est un excellent groupe. Chez les légers, il y a Nicolas Chassot, par exemple. A 18 ans, il est tout proche de la LNA, mais il n’a pas encore le niveau pour s’imposer. Et puis, Antonio Manuel, Ludo Chammartin et Matthieu Pahud n’ont que 23 ans. Le problème se situe surtout chez les lourds. Vincent Di Falco va faire jouer son expérience, mais il ne sera pas toujours là. Une chose est sûre, tant que nous avons le potentiel pour évoluer en LNA et que le plaisir est là, nous le ferons. Mais notre politique n’est pas d’engager des judokas étrangers pour assurer une place à ce niveau.
Ludovic Chammartin se bat pour une qualification olympique. Ressentez-vous un «effet Chammartin» dans le club?
Pour les plus jeunes, cela reste assez éloigné. Mais certains juniors sont titillés, bien sûr. Maintenant, pour arriver au niveau de Ludovic, il faut des capacités hors norme. Tout le monde ne pourra pas faire comme lui. Il y a, dans le club, quelques bons potentiels en léger. Ce sera à lui de les guider.
Le poids, nerf de la guerre tactique
Pour composer une équipe de judo, il faut une balance fiable et un brin d’ingéniosité. Car, pour le championnat de LNA, les équipes doivent proposer un combattant dans chacune des sept catégories de poids. Problème, le poids des athlètes peut varier au moment de monter sur la balance, ou alors certains clubs manquent de combattants dans une catégorie donnée. Au JC Romont, on a parfois vu Yoshiyuki Hirano (– 60 kg) être opposé à des molosses de 90 kg. Ce qui n’empêchait pas «le samouraï» de s’imposer. Joël Grandjean présente l’effectif à disposition pour cette saison 2008.
– 60 kg
«Dans cette catégorie, Yoshiyuki (Hirano) n’a pas perdu un combat en Suisse depuis au moins deux ans, souligne le coach glânois. Il était déjà fort, mais, depuis qu’il enseigne le judo, il dit lui-même qu’il est devenu plus fort mentalement et tactiquement. Plus malin, en somme.» Comme le Japonais accompagnera Ludovic Chammartin en compétition internationale, il ne pourra pas participer à chaque rencontre. «L’idée est de lancer peu à peu un ou deux jeunes dans la compétition.»
– 66 kg
Quand Ludovic Chammartin sera présent, c’est dans cette catégorie, supérieure à la sienne, que l’international combattra. Sinon, le club alignera Laurent Paccaud, actuellement à l’armée et donc en manque d’entraînement, ou le jeune Nicolas Chassot.
– 73 kg
«Nicolas Maurer, qui combattait en – 66 kg, avait énormément de peine à garder son poids. Il a donc préféré monter d’une catégorie. C’est un judo beaucoup plus puissant qu’il va découvrir. Mais il possède assez de technique pour s’en sortir. Il faudra toutefois lui laisser un peu le temps de prendre le rythme.» Dans cette catégorie, on retrouvera également Emmanuel Bussard, qui disputera avec Romont sa 8e saison de LNA et qui pourrait également être aligné en 81 kg.
– 81 kg
Trois judokas entrent dans cette catégorie: Philippe Chassot, Antonio Manuel et Matthieu Pahud, la nouvelle recrue en provenance de Cortaillod. «Philippe et Antonio ont des examens cette année, ils sont moins affûtés. Quand à Matthieu Pahud, il remplace Zimmermann, de retour dans son club de Berne. Lors du tournoi ranking de Morges, il a terminé deuxième derrière Zimmermann, ce qui est un très bon résultat. Matthieu ne sera pas présent samedi, mais le reste de la saison, il sera dur à battre. A 23 ans, il a toujours des vues internationales.»
– 90 kg
Romont ne possède pas de judoka dans cette catégorie. D’où l’obligation de «bricoler». «Un des trois combattants en – 81 kg, ou alors Yoshiyuki, qui n’a peur de rien et qui sait très bien quel adversaire il est capable de battre, se partagera le poste dans cette catégorie.»
– 100 kg
On retrouve l’un des fidèles du club, Vincent Di Falco. «Il combat avec la première équipe depuis 2000. Nous sommes en année de transition dans cette catégorie. Car si Vincent continue avec nous cette année, il a toujours moins de temps pour s’entraîner.»
+ 100 kg
Depuis sept ans, c’est le Français François Laudrin qui occupe ce poste, avec des réussites diverses. «François est capable de perdre face à un adversaire auquel nous n’aurions jamais pensé, et ensuite de gagner en réussissant un énorme exploit. Reste que, au final, il nous a toujours ramené 50% de ses points.»
| 31 janvier 2008 |


