Festival international de films
Une édition de nouveautés
Nouvelle équipe, nouveau centre névralgique, nouvelles salles: la 22e édition du Festival international de films de Fribourg (du 1er au 8 mars) prend un tournant. La volonté de montrer le cinéma dans sa diversité et sa richesse, elle, ne change pas. Une centaine de films sont au programme, venus surtout d’Amérique du Sud, d’Afrique et d’Asie.
Remarqué à Cannes, Secret sunshine, du Coréen Lee Chang-dong, ouvrira le festival et sera projeté en préouverture à Bulle le 29 février
Diversité du cinéma Au total, courts métrages compris, le Festival international de films de Fribourg (FIFF) présente, du 1er au 8 mars, une centaine d’œuvres. La compétition comprendra treize longs métrages, fictions et documentaires. Dont six asiatiques, quatre latino-américains, un jordanien, un kazakh et un tchadien. «C’est un catalogue assez large de ce qui s’est fait cette année sur la planète», estime Edouard Waintrop, nouveau directeur artistique. Ces films, ajoute-t-il, sont «extraordinairement différents. Il y a un long métrage policier mexicain, un autre sentimental argentin, deux films chinois difficiles à cataloguer, deux documentaires…»
Année de nouveautés Cette 22e édition du FIFF est celle des changements: les films seront toujours projetés au cinéma Rex, mais aussi à Cap’Ciné. Les projections à Bulle, en revanche, ont été abandonnées, à l’exception de scolaires et de la préouverture du vendredi 29 fé-vrier. Nouvelle équipe également: Edouard Waintrop a succédé à Martial Knaebel, la présidente Ruth Lüthi à Jean-François Giovannini. Et le festival dispose désormais d’un nouveau centre névralgique, l’Ancienne Gare, déjà utilisé partiellement l’an dernier, alors que les lieux étaient en chantier. Autre nouveauté: les festivaliers ont la possibilité d’imprimer leurs billets à domicile, à travers www.starticket.ch. Le budget, lui, reste inchangé, à 1,7 million, souligne Franziska Burkhardt, directrice administrative. Pour cette année, la baisse de 130000 francs de la subvention de l’Office fédéral de la culture (OFC) a pu être compensée.
Des polars partout L’un des panoramas de cette édition s’intéresse au cinéma policier. «Un genre universel, qui existe aussi bien en Asie qu’en Amérique latine», commente Edouard Waintrop. A travers le regard de onze cinéastes et des œuvres réalisées entre 1963 et 2007, le FIFF présentera un panel de films venus du Japon (dont Entre le ciel et l’enfer d’Akira Kurosawa), de Hong-Kong, d’Argentine, du Brésil…
L’amour global «Il n’y a pas de bons films sans bonne histoire d’amour et c’est vrai dans tous les cinémas du monde», estime Edouard Waintrop. Treize longs métrages, réalisés entre 1974 et 2007, traiteront du thème du couple et de ses rapports avec la société. Ils proviennent d’Inde, du Mexique, d’Iran ou encore de Thaïlande, avec Tropical Malady, d’Apichatpong Weerasethakul, prix du jury à Cannes en 2004, déjà présent à Fribourg l’an dernier avec Syndromes et un siècle.
Ce n’est qu’un début… Anniversaire oblige, le FIFF se penchera aussi sur Mai 1968 et, plus largement, sur le thème «cinéma et révolutions». Douze films refléteront les luttes et les rêves de réalisateurs qui ont témoigné de révoltes, qui ont dénoncé les dictatures, le racisme, la misère… Ils passent par Cuba, l’Inde, le Brésil, le Sénégal… Avec des films aussi importants que Carnets de voyage, de Walter Salles (sur Che Guevara), Avoir vingt ans dans les Aurès, de René Vautier (la guerre d’Algérie), L’heure des brasiers, de l’Argentin Fernando Solanas…
Avec Lee Chang-dong Couronné par le prix d’interprétation féminine pour Jeon Do-yeon, Secret sunshine, du Coréen Lee Chang-dong, ouvrira le FIFF le 1er mars. Le film sera projeté en préouverture au Prado, à Bulle, le 29 février. Le festival présentera les trois autres œuvres de ce cinéaste majeur, écrivain, scénariste et ancien ministre de la culture de Corée du Sud, qui fera le déplacement à Fribourg. Un temps (très) fort de cette programmation.
Bologne à l’honneur La cinémathèque de Bologne sera également présente, à travers quatre films en lien avec le Sud, dont trois documentaires, qui ont été restaurés dans ses laboratoires. A signaler en particulier la projection d’une œuvre méconnue de Pasolini, de 1970: Carnets de notes pour une Orestie africaine.
Les forums du FIFF Passons sur l’anglicisme peu heureux: sous le titre Forums at FIFF, le festival propose une riche programmation de conférences, débats et rencontres, à Cap’Ciné et à l’Ancienne Gare. A noter par exemple la présence de Walter Salles, qui parlera du road movie (dimanche 2 mars), lui qui travaille actuellement à une adaptation de On the road. Nicolas Bideau (chef de la section cinéma de l’OFC) dialoguera avec Lee Chang-dong de la politique du cinéma, le 3 mars, et participera, le lendemain, à une large table ronde. Autre invité marquant: René Vautier, ancien résistant puis cinéaste militant, viendra évoquer son parcours et sa vision engagée de l’art (4 mars).
Programme complet sur www.fiff.ch
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21 février 2008 |


