Entretien des routes
Des trous dans les routes et les finances
Entretien. Nids-de-poule, fissures ou soulèvements du revêtement: les routes du canton ont méchamment souffert de l’hiver. La facture s’annonce salée.
Toiles d’araignée et nids-de-poule font partie des dégâts causés par l’action conjointe de l’infiltration d’eau et du cycle gel-dégel, particulièrement soutenue cet hiver. Photos Claude Haymoz
Après avoir fait le bonheur des stations de ski et des adeptes de la glisse, la neige pourrait causer le désespoir des responsables de la voirie… et des finances. A la sortie d’un hiver long et rigoureux, les exemples de chaussée trouée, fissurée, craquelée, gondolée ou même décollée s’observent en effet à tous les coins de rue.
«Les routes fribourgeoises ont bien souffert cet hiver. Et les régions basses n’y ont pas échappé», confirme Domini-que Macheret, chef adjoint à l’entretien des routes, au Service cantonal des ponts et chaussées. «Des visions locales plus précises seront effectuées dans le courant du mois d’avril, mais il nous faudra sans doute demander un crédit exceptionnel pour réparer tout ça.»
Les dégâts ont triplé
Car l’enveloppe d’un peu plus de trois millions de francs allouée par l’Etat à l’entretien constructif – qui consiste à restaurer, renforcer voire remplacer une route ou un pont – ne suffira pas. «Les premières estimations font état d’un dépassement de budget de 1,5 à 2 mio de francs», évalue Dominique Macheret, qui exclut tout report des travaux à 2010. «Certains tronçons ne résisteraient pas aux assauts d’un autre hiver comme celui-ci.»
La combinaison explosive de deux phénomènes, l’infiltration d’eau et l’action gel-dégel, n’a pas non plus épargné les routes communales. «A Châtel-Saint-Denis, les dégâts sont en tout cas trois fois supérieurs à ceux d’un hiver normal», constate Denis Colliard, conseiller communal en charge des constructions. «A tel point que j’ai invité le Conseil communal à faire une tournée des routes, le 18 avril, afin qu’il prenne la mesure du problème.»
L’utilisation cet hiver de goudron froid n’aura donc pas suffi. «Il ne s’agissait que de combler provisoirement les trous les plus gênants. Recoller la couche d’usure, traiter les fissures à la lance thermique ou couler du goudron sur les toiles d’araignées font maintenant partie de l’entretien lourd à envisager.»
Le diagnostic du chef de la voirie bulloise, Bertrand Niquille, n’est pas non plus définitif. «Une part d’inconnu a longtemps subsisté, en raison de la fonte tardive de la neige. Si nous faisons aujourd’hui un constat général du mauvais état de la chaussée, reste encore à effectuer une vision locale de toute la ville. Difficile donc, pour l’instant, de savoir si notre budget d’entretien du réseau routier, de quelques centaines de milliers de francs, sera dépassé. Les frais de déneigement, par contre, ont quasiment triplé!»
D’une pierre deux coups
Toujours est-il qu’en prévision de certains travaux planifiés en sous-sol, la commune tâchera de faire d’une pierre deux coups. «Etant donné que plusieurs voies seront creusées dans les dix-huit mois à venir pour des chauffages à distance ou des canalisations, l’idée est de nous adapter au calendrier déjà établi. Tout en veillant à ce que les citoyens ne soient pas mis en danger d’ici là.»
Même son de cloche à Charmey: «Un crédit d’investissement destiné aux routes et aux collecteurs devrait être proposé à l’assemblée pour 2010. Du coup, la commune se contentera certainement de réparations ponctuelles pour l’année en cours, avec les 40000 francs prévus à cet effet», indique Pascal Engler, responsable des routes.
Qui connaît le même problème que son homologue bullois: «Le budget déneigement, quant à lui, est largement dépassé!»
|
|
| 7 avril 2004 |


