Vaulruz, récolte d'armes
Les vieilles armes à la retraite
La police organisait samedi une journée de récolte d’armes ne servant plus. Sauf exception, elles finiront broyées.
Au total, 80 armes, 150 kilos de munitions et trois kilos d’explosifs figureront à l’inventaire en fin de journée. Photos Claude Haymoz
«Plutôt que de le détruire, est-ce que vous céderiez votre mousqueton au Musée d’histoire?» Bonne surprise pour Guy Vial, de Bossonnens. Il destinait l’arme de service de son père à la destruction. C’est finalement dans une collection historique que le mousqueton 31 passera le reste de sa retraite.
La Police cantonale organisait samedi, à Vaulruz, sa deuxième journée de récolte d’armes et de munitions. «Une modification de la législation oblige désormais la police à reprendre les armes ne servant plus, explique Pierre-André Waeber, porte-parole de la police. Le but de ces journées spéciales est que les gens y pensent.»
Deuxième vie au musée
Antiquaire spécialisé dans les armes, Christian Perritaz est de la partie, sur mandat du Musée d’art et d’histoire de Fribourg. «Je suis en train d’établir l’inventaire des collections. J’espère pouvoir compléter certains manques.» Ce qui est le cas avec le mousqueton 31 de Guy Vial. «Ce n’est pas une arme qui a de la valeur en soi, précise l’antiquaire. On en trouve beaucoup. Mais c’était le fusil utilisé durant la Mob. Il doit figurer dans les collections du musée.»
L’antiquaire n’hésite pas une seconde quand il voit apparaître le mousqueton en question. «J’en ai vu passer plusieurs ce matin, mais pas aussi beaux et bien entretenus que celui-ci.» Avec l’accord de Guy Vial, la vieille pétoire entrera donc au musée. Elle sera même accompagnée du livret de service de son propriétaire. Jusque-là, l’antiquaire n’avait rien collecté de spectaculaire.
Si ce n’est une carabine de stand transformée en arme de braconnage. «Vu son poids, cinq à six kilos, elle ne devait pas être très pratique, mais elle appartient au patrimoine gruérien.» Quatre autres armes d’ordonnance, d’époques diverses, compléteront encore les collections du musée.
A côté de ces quelques cas particuliers, beaucoup viennent ramener des munitions, des anciennes armes de service ou à vocation plus sportive. Au total, 80 armes, 150 kilos de munitions et trois kilos d’explosifs figureront à l’inventaire en fin de journée. «Autant que lors de la première fois en mars à Granges-Paccot», souligne Pierre-André Waeber. Les armes seront broyées durant la semaine, alors que les munitions seront envoyées à Thoune, pour destruction par les services de l’armée.
Certains profitent aussi de l’opération pour déclarer leurs armes ou demander s’ils ont à le faire. D’autres viennent avec de drôles de trouvailles faites dans les galetas ou au fond d’une grange. Une vieille boîte à chaussures remplie de tubes et de flacons à la contenance étrange.
Découvertes explosives
«Ce ne sont pas des pastilles, mais des billes de plomb», révèle l’adjudant Josef Bruegger, chef du bureau des armes et des explosifs. «Rien de surprenant, on voit souvent les collectionneurs fabriquer eux-mêmes les munitions.» Josef Bruegger est, en revanche, plus surpris par le contenu d’un autre arrivage. Il y a d’abord deux seaux en fer-blanc, l’un contient des mèches, l’autre de la poudre noire. Puis, un récipient dont l’étiquette est devenue illisible. «Du plastic! Ça, c’est de la saloperie, s’exclame le spécialiste. Vous avez bien fait de venir.» ’adjudant souligne d’ailleurs que, lors de pareille découverte, on peut s’adresser à la police. «S’il y a des risques que nous ayons affaire à des explosifs, nous nous déplaçons.»
Un an pour être réglo
Au-delà de la récolte d’armes, l’opération menée par la police fribourgeoise durant trois samedis a également pour but de sensibiliser le public au fait qu’il doit déclarer ses armes. «La loi a changé, notamment en lien avec les Accords de Schengen, rappelle le porteparole Pierre-André Waeber. Les directives sont disponibles sur notre site internet, mais c’est vrai que c’est un peu compliqué de s’y retrouver.» Pour faire simple, toutes les armes sont à déclarer d’ici le 12 décembre prochain. Même les armes soft air, de paintball, les copies d’armes, les armes sportives ou celles destinées à la chasse. Certaines nécessitent en plus une autorisation spéciale. C’est le cas des pistolets, revolvers, carabines et fusils à répétition. Quant à la mitrailleuse, aux lance-roquettes ou aux couteaux à cran d’arrêt, ils sont tout bonnement interdits.
Avec les armes militaires, la loi prend des chemins plus tortueux: «Sa propre arme de service n’a pas besoin d’être déclarée, indique Pierre-André Waeber. En revanche, le mousqueton de la Mob de votre grand-père qui dort au grenier doit l’être.» Le service d’information de la Police cantonale se tient à disposition pour les questions concernant l’acquisition et la détention d’armes (026 305 13 16). Sur son site internet (www.policefr.ch), on trouve la brochure éditée par la Confédération, le formulaire de déclaration d’armes, ainsi que les réponses aux questions les plus courantes.
Une nouvelle journée de récolte d’armes est prévue le samedi 16 mai, au Centre d’intervention de Domdidier
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| 21 avril 2009 |

