Nouveaux Suisses
Serment de Grangeneuve
Unouveaux suisses. Le canton a honoré d’une réception officielle, mardi pour la première fois, ses nouveaux citoyens, récemment naturalisés. Une volée constituée d’une huitantaine de personnes.
A Grangeneuve, premières promesses des nouveaux citoyens suisses, récemment naturalisés. (photo Claude Haymoz)
Girma, originaire d’Ethiopie, 27 ans: «C’est quand j’ai levé la main droite pour la promesse solennelle que je me suis sentie suisse, alors que j’ai reçu les documents à la maison il y a plusieurs mois déjà.»
Anne-Sophie, Marlinoise de 17 ans, originaire du Portugal: «Je suis née ici, j’ai l’accent de Fribourg et je n’ai pas eu besoin de cette cérémonie pour être Suissesse. C’est juste mon passeport qui est devenu conforme à ce que je suis.»
Abbé Jacques Le Moual, curé à Charmey, 62 ans: «Je suis breton, donc français, et désormais aussi suisse. Cette réception couronne deux ans de procédure et renforce mon intégration en Gruyère où je vis depuis une dizaine d’années.»
60 familles à Grangeneuve
Comme eux trois, une huitantaine de personnes appartenant à 60 familles d’horizons divers ont pris part, mardi soir à Grangeneuve, à la première réception officielle des nouveaux citoyens suisses récemment naturalisés. Une réception à la fois solennelle, digne et sans chichi, prolongée par un apéritif. C’est la principale innovation de la nouvelle législation sur le droit de cité, texte contesté par référendum et accepté par près de 60% des votants en juin 2008.
Sous les drapeaux suisse et fribourgeois, les nouveaux Suisses ont promis d’être fidèles aux Constitutions du pays et du canton. Tel que prévu à l’article 17 de la loi, ils s’engagent aussi «à maintenir et défendre en toute occasion, en loyal et fidèle Confédéré, les droits, les libertés et l’indépendance de leur nouvelle patrie et à la servir dignement».
Leur acte de naturalisation leur a été remis par Pascal Corminboeuf, avec pour chacun un mot de bienvenue ou de félicitations. Le conseiller d’Etat était flanqué de l’huissier Beat Zbinden, en tenue d’apparat, c’est-à-dire coiffé du bicorne, cape sur les épaules et sceptre en main. «Une présence réservée aux cérémonies importantes», a glissé le ministre.
«Chers Confédérés, bravo d’avoir trouvé Grangeneuve», a-t-il d’emblée lancé, pour mettre les rieurs dans sa poche. Il leur a surtout demandé à tous, au nom du Conseil d’Etat, de ne pas être des abstentionnistes: «Il y en a déjà bien assez dans ce pays. Soyez au contraire des citoyens actifs. Plus qu’ailleurs, nous avons ici le droit de nous exprimer.» Ce qui signifie, a insisté le Broyard, signer, voter et aussi, à l’occasion, se porter candidat aux élections.
Tournus par district
Le magistrat s’est au passage étonné de certains nouveaux Suisses qui, pour preuve de leur intégration, trouvent tous les défauts aux étrangers… Exemple à ne pas suivre, comprend-on entre les lignes. Pascal Corminboeuf a ainsi délivré un message d’enrichissement par l’ouverture et l’intégration, sans perte des racines de chacun. Le récent succès des footballeurs suisses de moins de 17 ans montre, selon lui, combien on peut être fier de ce pays multiculturel.
Cette première réception sera bientôt suivie d’une autre, indique Jean-Pierre Coussa. Le chef du Service de l’état civil et des naturalisations ajoute que la manifestation va, à terme, tourner dans les districts. Elle se déroulera, dès le retard comblé, une fois par an, après le vote du décret de naturalisation par le Grand Conseil.
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| 26 novembre 2009 |


