Votations
Une ressemblance qui jette le trouble
Le papillon des opposants à la redevance liée à l’électricité ressemble beaucoup à la brochure officielle de la commune de Bulle. Cette dernière ne veut pas polémiquer.
Comme un air de famille entre le papillon des référendaires (à g.) et la brochure officielle. (photo Claude Haymoz)
Même format, mêmes couleurs rouge et blanche, mêmes espaces réservés au texte… Le papillon des opposants à la redevance liée à l’électricité, distribué en début de semaine en tout-ménage aux habitants du chef-lieu, ressemble à s’y méprendre à la brochure explicative officielle, fournie avec les documents de vote.
«On a été surpris par ce layout très ressemblant, admet le syndic Yves Menoud. Mais il n’y a pas de marque déposée sur le graphisme utilisé par la commune pour communiquer.» Et d’ajouter que les autorités bulloises ne voulaient pas se lancer dans une polémique. «Nous aurions évidemment réagi si le logo de la commune apparaissait», précise le syndic.
«Une unité de doctrine»
«C’est interdit?» rétorque Jean-François Rime, à la tête du comité qui avait lancé le référendum contre la redevance, lorsqu’on lui fait remarquer la ressemblance entre les deux brochures. «On veut gagner et on veut que ce papier soit lu. Avec un graphisme qui se rapproche de celui de la brochure officielle, on se trouve dans une unité de doctrine. C’est quelque chose qui s’utilise volontiers en marketing, domaine que j’ai étudié à l’époque où j’étais à l’université.»
Mais une telle ressemblance prête à confusion, est-ce bien correct? «Le but, c’est que le flyer soit lu, indique l’industriel bullois. Pour moi, ce sont les arguments de la ville qui ne sont pas corrects.»
Peu de contraintes
D’un point de vue légal, il n’existe effectivement aucun dispositif dans le droit politique qui fixerait des limites ou dicterait une ligne à suivre dans les campagnes précédant des votations, indique le préfet de la Gruyère, Maurice Ropraz. «On trouve des recommandations dans la jurisprudence, mais elles impliquent plutôt des contraintes pour les autorités, afin que celles-ci donnent des informations objectives aux
citoyens.» Peu de contraintes donc pour les référendaires. «A l’électeur d’examiner avec prudence les documents qu’on lui remet», ajoute le préfet.
Pour Yves Menoud, le fait que le tout-ménage ait été distribué avec une quantité de dépliants publicitaires ne devrait pas laisser de doutes aux citoyens. «La brochure de la commune sortait de l’enveloppe officielle contenant le matériel de vote, ajoute le syndic. Je ne pense pas qu’il soit possible de confondre. Je ne vois pas là un sujet à polémiquer. D’ailleurs, on n’en a même pas parlé lors du Conseil communal d’hier.»
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| 26 novembre 2009 |

