Brocante de la Gruyère
Le stand où la monnaie
a l’odeur du passé
Depuis ses débuts, la Brocante de la Gruyère propose vente et expertises de monnaie. Rencontre avec Michel Perey, responsable du stand de numismatique.
Michel Perey a profité de sa retraite pour découvrir le monde des pièces anciennes. Claude Haymoz
Longtemps, monnaies anciennes et expertises gratuites, à la Brocante de la Gruyère, ont été l’affaire de Jean Stuber. Cet ancien marin numismate, décédé en 2007, a initié Michel Perey. Pour la troisième année, ce Vaudois, ancien boulanger, a pris la relève. A Espace Gruyère, jusqu’à dimanche, il conseille les visiteurs qui lui soumettent pièces et billets, tout en proposant à la vente monnaies et médailles.
La numismatique, Michel Perey s’y est mis tardivement: «C’est un plaisir de la retraite, je ne gagne pas ma vie avec ça», sourit-il. Au fil des ans, dans sa boulangerie d’Echallens, il a commencé à récolter des pièces de monnaie. «Un jour, j’ai mis une annonce et j’ai rencontré Jean Stuber. Il m’a transmis le virus. J’ai d’abord travaillé quelques années avec lui à la Brocante, avant de lui succéder.»
Beautés du Brésil
Sur le stand, qu’il partage avec Gilles Beneyton, un collègue numismate, Michel Perey accueille aussi bien collectionneurs avertis que simples curieux. Qui, parfois, souhaitent se débarrasser de leurs vieilles pièces. «Des jeunes, par exemple, qui reçoivent une collection par héritage et ne veulent pas la garder.»
D’autres viennent vendre leurs vrenelis et pièces d’or, cadeaux un peu passés de mode. «Certaines années sont plus rares, mais c’est surtout le poids de l’or qui fait le prix.» Alors qu’il valait une centaine de francs il y a quatre ou cinq ans, le vreneli a, depuis, au moins doublé de valeur.
Sont également proposées des dizaines de pièces étrangères (lires italiennes, pesetas espagnoles…). Dans le genre, Michel Perey avoue un faible pour l’Amérique du Sud: «Vers 1850, au Brésil, par exemple, on faisait de magnifiques pièces, plus belles qu’ici.»
Un centime = cent francs
Pour la Suisse, les médailles côtoient les pièces commémoratives, les écus de tir fédéral – parfois transformés en médaillons – et les monnaies cantonales. L’occasion de rappeler que le pays ne connaît l’unité monétaire que depuis 1850. Et qu’il a frappé des pièces en argent jusqu’en 1967, avant de passer au nickel. «Parce que les Allemands venaient chercher les pièces en Suisse pour les fondre», raconte Michel Perey.
Au-delà de l’état de conservation (mieux vaut que pièces et billets aient très peu, voire pas du tout circulé), c’est évidemment la rareté qui permet de déterminer la valeur: les pièces les plus anciennes ne sont pas forcément les plus chères. Un simple 1 centime suisse de 2006 (dernière année de fabrication) peut par exemple valoir jusqu’à 100 francs. Alors que le même, d’une année précédente, ne vaut quasiment rien.
Au passage, Michel Perey évoque une autre curiosité: les pièces de cinq francs suisses de 1991 et 1993 n’ont pas été mises en circulation. «Les faussaires étaient arrivés avant!» Du coup, on en trouve parfois de fausses… qui peuvent aussi faire le bonheur des collectionneurs: Michel Perey en a vendu une pour 80 fr. A un acheteur parfaitement conscient d’acheter de la fausse monnaie. n
Brocante de la Gruyère, Bulle, Espace Gruyère, samedi de 10 h à 21 h, dimanche de 10 h à 18 h
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30 janvier 2010 |


