Harmos
L’UDC fait volte-face
Plusieurs partis ont arrêté leurs mots d’ordre sur les objets du 7 mars. Surprise: l’UDC cantonale a dé-savoué sa députation en rejetant le concordat.
Evidente majorité à l’UDC à l’heure de lever les mains contre l’harmonisation scolaire à l’échelle suisse. (photo prétexte - C. Dutoit)
Démocrates du centre
Cinglant désaveu pour les ténors cantonaux de l’UDC! Ce parti passait pour le maillon faible de la coalition favorable à Harmos. A l’approche du 7 mars, il a fini par céder. Le comité central de la formation agrarienne a donc sèchement rejeté l’adhésion du canton à l’accord intercantonal en vue de l’harmonisation scolaire: 19 non, 8 oui (3 abst.).
Et pourtant, ce parti se rangeait jusqu’ici sans restriction derrière Harmos: lors de la consultation en été 2006 et du vote au Grand Conseil il y a un an (à deux abstentions près). C’est simple: la base a désa-voué sa députation et son état-major. Dans la salle, jeudi soir, seuls trois députés – Michel Losey, Katharina Thalmann, Pierre-André Page – ont défendu le texte. Tandis que d’autres ont retourné leur veste ou mué leur retenue parlementaire en refus partisan.
Malgré ses propos embrouillés, José Lorente, du Forum des parents, par ailleurs président de l’UDF-Fribourg, a glané une victoire de prestige qui légitime les référendaires et enfonce un coin dans le camp adverse.
Arguments qui ont fait tilt: l’âge précoce d’entrée à l’école, la déresponsabilisation des parents, le nivellement par le bas et les coûts supplémentaires. «Non à une école socialiste», a clamé un délégué de la section des jeunes, emmenée par Jacques Deillon parmi les plus virulents. L’UDC suisse combat Harmos, a-t-on aussi entendu. D’aucuns ont même reproché à leurs élus cantonaux de s’être fait berner par la ministre Isabelle Chassot: «On ne doit pas suivre une PDC!»
Faut-il y voir une reprise en main en coulisse du conseiller national Jean-François Rime, excusé à l’assemblée et farouche adversaire du concordat? Le Gruérien admet avoir pesé de tout son poids, lors d’une discussion au comité directeur le mois passé. Et ça a marché. Reste que la présidente Gilberte Demont n’en fait pas un fromage: «Ça arrive dans tous les partis.» Elle ajoute que l’UDC ne fera pas campagne: «Libre à des membres de défendre l’opinion majoritaire au cours de débats.»
Pour le reste, les démocrates du centre soutiennent à la quasi-unanimité la péréquation. S’agissant des objets fédéraux, c’est oui à la baisse du taux (28-1), non à l’arrêté sur la recherche sur l’être humain (11-14, 5 abst.) et non à l’avocat des animaux (0-29).
Libéraux-radicaux
Pas de surprise, par contre, du côté du PLR fribourgeois. Les délégués réunis en assemblée jeudi soir, à Bulle, se sont prononcés à la grande majorité en faveur des deux objets cantonaux. Et ils ont suivi le PLR suisse sur les trois sujets fédéraux.
L’accord Harmos, présenté par le conseiller d’Etat Claude Lässer, n’a suscité aucune discussion. Il a été soutenu par 54 voix, contre 7. Quant à la péréquation financière intercommunale, elle a soulevé un seul non. Celui de Didier Castella: «Je regrette que les problèmes d’infrastructures pour les communes en difficulté ne soient pas pris en compte», a fait remarquer le vice-syndic de Gruyères à Albert Bachmann. Le président de l’Association des communes, qui présentait l’objet, en a convenu. Mais il n’était selon lui pas possible d’intégrer ces effets d’infrastructures. «Ils devront être réglés dans des lois spécifiques», a relevé le député.
L’arrêté fédéral relatif à la recherche sur l’être humain a été soutenu à l’unanimité. Et l’institution d’un avocat pour la protection des animaux rejetée à l’unanimité. Si les délégués ont aussi suivi le parti suisse pour accepter la baisse du taux de conversion, le vote a été moins net: 41 oui, 7 non, 16 abstentions.
Le débat musclé entre Jacques Bourgeois et l’expert en matière de prévoyance professionnelle Meinrad Pittet est sans doute à l’origine de ces hésitations. D’un côté, le conseiller national a expliqué que la stabilisation financière du 2e pilier devait passer par une adaptation du taux de conversion minimal à 6,4%. De l’autre, l’apolitique Meinrad Pittet a expliqué pourquoi il ne fallait pas accepter les recommandations des autorités:
«Le problème, en abaissant ce taux, c’est que seuls les assurés casquent. Les employeurs ne passent pas à la caisse!»
L’UDF aussi contre le concordat
Verts fribourgeois
Les Verts fribourgeois ont transmis leurs positions par communiqué. Ils plébiscitent l’introduction du concordat Harmos, qui «permet à chaque enfant l’égalité des chances, en offrant très tôt à chacun le même accès au savoir et à la vie en communauté, quels que soient le niveau d’éducation, d’intégration ou les capacités financières de la famille».
Les Verts soutiennent aussi l’arrêté sur la recherche sur l’être humain, malgré ses «manquements sur les personnes incapables de discernement», parce qu’il supprime une «zone grise dans la législation». Le parti écologiste rejette par contre la baisse du taux de conversion minimal («en aucun cas justifiée») et l’avocat des animaux («fausse bonne idée»). Ce refus est le fait d’une courte majorité, précise la formation favorable à la protection des êtres vivants sans «humaniser l’animal de compagnie».
UDF fribourg
L’opposition de José Lorente à Harmos est connue depuis le lancement du référendum. Président de l’Union démocratique fédérale (UDF), section Fribourg, le Gruérien est à l’unisson avec les délégués de son parti.
L’UDF estime qu’une scolarisation à 4 ans, problématique, prive les parents de leurs responsabilités éducatives durant la prime enfance et que la 2e enfantine n’a pas à être obligatoire. Et «cela engendrera d’énormes coûts». Le mot d’ordre, en revanche, est positif pour la péréquation financière.
Parmi les trois objets fédéraux, il n’y a que l’adaptation du taux de conversion qui trouve grâce à l’UDF, qui parle de «la moins mauvaise solution pour la pérennité du 2e pilier». Au reste, l’avocat des animaux est une initiative superflue, car «la législation actuelle est suffisante».
C’est niet aussi à la recherche sur l’être humain. «Pour l’UDF, qui défend la vie de la conception à la mort naturelle, les garde-fous prévus sont clairement insuffisants».
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| 6 février 2010 |


