Ilford Marly

Ilford taille encore dans ses effectifs

Chez Ilford, l’histoire se répète à un rythme effréné. Hier, la direction a annoncé une nouvelle restruc-turation: vingt-cinq à trente postes vont disparaître en ce début d’année. «Il y aura entre quinze et vingt licenciements et entre cinq et dix retraites anticipées. Cela touchera différents secteurs», précise Lars Sommerhäuser, directeur opérationnel d’Ilford Imaging Switzerland GmbH. Par ailleurs, plusieurs personnes ayant donné leur congé ne seront pas remplacées.
Selon l’entreprise basée
à Marly, c’est la crise qui a provoqué ces nouvelles mesures: «La situation économique actuelle a incité les consommateurs à imprimer moins de photos sur leur imprimante personnelle. Ce changement rend nécessaire la rationalisation de nos ressources», peut-on lire dans le communiqué diffusé hier.
Une explication qui ne convainc pas Armand Jaquier: «Certaines sociétés profitent de la crise pour se restructurer. En tout cas, il est difficile de connaître leurs vraies motivations. Chez Ilford, il faut voir que, depuis deux ou trois ans, le nombre de postes supprimés a été considérable», s’inquiète le secrétaire régional d’Unia.

De 400 à 225 plein-temps

En 2007, Ilford employait près de 400 personnes. Un chiffre qui, selon Lars Sommerhäuser, va tomber à 225 ou 230 équivalents plein temps après les mesures annoncées.
«Cette entreprise n’a pas encore trouvé sa place sur les marchés», en déduit Armand Jaquier. Une position qui tranche avec l’optimisme de Yojiro Kato, patron d’Oji Paper, société qui a racheté Ilford en 2005: «Je suis sûr que nos plans nous mettent en bonne position pour exploiter notre potentiel de croissance», expose le Japonais.
Quant au plan social, il sera le même que celui qui avait déjà servi en 2008, lors d’une précédente restructuration. Voilà qui ne réjouit pas Armand Jaquier: «Il n’est pas à la hauteur de ce qu’il devrait être dans une multinationale comme Oji.» 


 

 

Jérôme Gachet

9 février 2010