Psychiatrie

Cinq nouveaux outils pour la santé mentale

Le Réseau fribourgeois de santé mentale dispose de cinq nouveaux programmes. Dont un centre de soins ambulatoires à Bulle.

Le bâtiment du Landi, à Bulle, abrite depuis le 1er février le nouveau Centre de soins en santé mentale, projet pilote qui devrait essaimer dans le reste du canton. (photo Claude Haymoz)

 

Le conseil d’administration du Réseau fribourgeois de santé mentale (RFSM) propose cinq nouvelles prestations à ses patients. Outre l’enrichissement de la palette de soins de proximité, le dispositif présenté hier matin, à Fribourg, doit faciliter l’accès aux différents programmes et renforcer l’accueil ainsi que l’orientation des patients et de leurs proches.

«Nous sommes en train de mettre sur pied une psychiatrie moderne, explique la présidente du réseau et conseillère d’Etat Anne-Claude Demierre. Pour preuve, nous avons été invités à présenter le RFSM à une conférence nationale.» Le détail de ces mesures.

Centre de santé

Le premier Centre de soins en santé mentale du RFSM occupera 520 mètres carrés dans le bâtiment qui abritait le Service social de la Gruyère, près de la gare, à Bulle. Il offre depuis le 1er février des consultations ambulatoires générales, des entretiens spécialisés, des groupes thérapeutiques et des programmes pour les proches.

C’est ainsi une véritable maison de l’adolescence qui voit le jour. En effet, la bâtisse accueillera encore le Service de l’enfance et de la jeunesse et le Planning familial. Structure pilote, le centre bullois devrait, à terme, faire des petits dans les six autres districts.

Pour le directeur général du RFSM, Serge Renevey, la nouvelle structure «incarne aussi les dernières évolutions de la psychiatrie»: l’accent sur l’ambulatoire, des équipes mobiles et pluridisciplinaires ou une humanisation des soins.

Accueil et orientation

Les Fribourgeois disposeront désormais d’un numéro de téléphone unique pour le traitement rapide de toutes les demandes de prise en charge thérapeutique. Il s’agit du 026 305 77 77. Il s’adresse à tous les groupes d’âge, quels que soient le domicile, la maladie ou la prise en charge.

Disponible 24 heures sur 24, cette plate-forme d’accueil et d’orientation bilingue sera gérée par des infirmiers spécialisés, disposant d’une expérience de plus de quinze ans. Toutes les informations seront transmises de manière standardisée.

Pour les familles  

Les proches de personnes souffrant d’une maladie psychique pourront désormais faire appel à un groupe d’experts du RFSM.

Des programmes psycho-éducatifs doivent leur permettre de faire face aux difficultés en leur apportant soutien et informations. Le premier est destiné aux proches de personnes atteintes de psychose ou de schizophrénie. Le second concerne les personnes atteintes de troubles bipolaires.

EMUPS

Demandée par les députés Christian Ducotterd (pdc, Grolley) et Catherine Keller-Studer (pdc, Cressier) en 2005, l’Equipe mobile d’urgences psychosociales (EMUPS) entrera en action le 1er mars.

Mobilisable 24 heures sur 24 par la police, les ambulances ou les pompiers, ce service proposera un soutien psychologique aux victimes ou aux témoins d’événements traumatisants. Qu’il s’agisse de suicides, de crises familiales, d’incendies ou d’agressions.

Consultation bébé

Dernier volet de ce nouveau dispositif, le RFSM propose une consultation spécifique pour les 0-4 ans et leurs parents. La Consultation bébé  aura pour mission de résoudre des problèmes liés à la relation parents-enfants.

Car si la venue d’un bébé est généralement source de bonheur, les jeunes parents peuvent parfois se sentir démunis, voire épuisés, face aux difficultés d’adaptation du nouveau-né (rythme de sommeil, allaitement, prise de nourriture).

Avec la mise sur pied de ces cinq nouveaux outils, le vaste chantier du RFSM, mis en place il y a dix-huit mois seulement, fait un pas de géant. Ils doivent permettre d’augmenter la part des soins ambulatoires et réduire le stationnaire. Et il reste du pain sur la planche: sur les 500 personnes employées par le réseau, 80% sont encore employées à Marsens. A terme, ce chiffre devrait passer à 50%.

L’opération n’entraîne quasiment aucun coût supplémentaire, puisque les responsables ont recours à des synergies et à une réorganisation des tâches. Serge Renevey salue à cette occasion le comportement de ses troupes. «Ces nouvelles prestations ont pu voir le jour grâce à l’engagement du personnel.»

Deux étapes importantes devraient suivre dans les prochains mois: la mise sur pied d’une unité de crise et le déplacement de la clinique de jour de Marsens à Fribourg.


 

 

Nicolas Beer

9 février 2010