Vélib
Le Vélib à Fribourg
Fribourg innove: la ville lancera le mois prochain un système comparable au Vélib français, comprenant des cycles électriques! Trois stations de vélos en libre service pour démarrer.
A Fribourg, les cyclistes ont affolé les nouveaux radars urbains installés à cinq carrefours. Jessica Genoud
Des réseaux de vélos en libre service, il en existe quelques-uns en Suisse. Mais aucun n’intègre des bicyclettes électriques. Ce sera chose faite en ville de Fribourg. Connu depuis l’été dernier, ce projet innovant a subi un formidable coup d’accélérateur qui surprend jusqu’à ses initiateurs, à l’impulsion de la commune. Au lieu d’ouvrir cet automne comme prévu, le réseau fribourgeois sera déjà opérationnel avec l’arrivée des beaux jours, le mois prochain, dévoile à La Gruyère le conseiller communal Charles de Reyff: «Au lieu de se limiter à deux stations, il en comprendra une troisième.» Le tout sans augmenter le crédit de 200000 fr. voté au Conseil général en décembre. L’apport financier de deux partenaires (Groupe E et BCF), à hauteur de quelques dizaines de milliers de francs chacun, dit-on, a été décisif. Ils apposeront bien sûr leur logo sur les vélos et les stations.
Douze vélos électriques
Faut-il encore présenter le système du type Vélib de location de vélos mis en place entre autres à Lyon et Paris. L’utilisateur, qui règle par carte ou paiement électronique, peut prendre le deux-roues à n’importe quel endroit du périmètre et le garer à une autre station, sans devoir revenir au point de départ. Parmi les 32 vélos qui seront répartis entre l’Uni Pérolles 2 (en face de l’Ecole d’ingénieurs), la gare (devant l’Office du tourisme) et le Site Saint-Léonard (à côté de la nouvelle piste de glace), 12 seront électriques. «Nous voulons agir pour la mobilité douce tout en fournissant notre courant vert Jade», commente Jean-Pierre Chapuis, responsable marketing et innovation du Groupe E. C’est une bonne solution pour les villes en pente comme Fribourg», s’enthousiasme aussi Elise Méan, responsable communication de Velopass, qui assurera l’exploitation du réseau, comme elle le fait déjà pour Lausanne-Morges et Riviera en attendant qu’Yverdon se joigne au mouvement ce printemps. «Si le test est concluant, nous le reprendrons dans d’autres localités», complète la porte-parole. Précision utile: des abonnements permettent de circuler sur tous les réseaux de Velopass. Comme les autres, l’embryon fribourgeois est appelé à grandir. Des communes comme Villars-sur-Glâne ont déjà fait part de leur intérêt. D’autres stations pourraient ainsi voir le jour dans le Grand-Fribourg, en réponse à l’engorgement du trafic. Si bien que l’agglomération pourrait en devenir le moteur. Et pourquoi pas doter les localités touristiques de leur station?
Volet social compris
Dans l’esprit de l’Agenda 21, le projet comprend en outre un volet social. Dans le sens où l’équilibrage des stations (déplacement des vélos en fonction des besoins) et l’atelier de réparation seront assurés, en principe, par des demandeurs d’asile placés sous l’égide de la société ORS. En plus de l’Office du tourisme, point de vente, l’Université est aussi partie prenante du groupe de travail qui s’active depuis avril 2009: ses étudiants constituent en effet le principal public cible. Ils pourront emprunter les vélos grâce à leur campus card.
«Les feux sont au vert. Seuls quelques détails sont à finaliser», confirme Fabien Noël, chef du secteur de la circulation de la ville. L’aménagement des stations et de leurs bornes à vélo est prévu dès mi-mars, précise-t-il. Nulle mise à l’enquête n’est nécessaire pour ce mobilier urbain. La mise en service est prévue aux alentours du salon Energissima, du 15 au 18 avril à Granges-Paccot, où une station mobile devrait être installée.
La petite reine du flash!
Combien de fois les radars urbains ont-ils photographié des véhicules ayant grillé le feu rouge depuis leur installation le 9 novembre en ville de Fribourg? Le responsable de la police locale et de la circulation, Charles de Reyff, n’articulera aucun chiffre avant six mois d’activité normale. «Cet été, ils seront représentatifs. Jusqu’à la fin de l’an dernier, nous avons dû faire des tests et des ajustements», argumente l’édile de la capitale. Nous avons par exemple dû revoir la sensibilité de nos détecteurs au sol pour qu’ils ne flashent plus les cyclistes.» Ah bon, pourquoi? «Parce qu’un véhicule sur deux qui brûlaient le feu rouge était un vélo.» Un sur deux! «Oui, et comme je l’ai dit à la RSR la semaine passée, il est impossible de les sanctionner parce qu’ils n’ont pas de plaque d’immatriculation ni de permis qu’on pourrait leur retirer.» Ce qui laisse le conseiller communal songeur sur l’indiscipline et le mépris des règles de circulation. Pour mémoire, les cinq carrefours équipés sont dispersés à Fribourg: Beaumont (route de la Glâne), Chassotte (Jura, près du minigolf), Richemond (avenue du Midi), Botzet (Pérolles) et Heitera (près de l’OCN au Schœnberg). Mais la police locale ne dispose que de deux caméras pour les activer à tour de rôle.
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| 6 mars 2010 |


