«Il faut alléger la facture»

| jeu, 15. mar. 2012
Patrice Borcard et Pascal Kuenlin
Patrice Borcard, préfet de la Gruyère, entend donner un second souffle au projet de Centre sportif. En cherchant un moyen d'alléger la facture pour les communes. Et en travaillant main dans la main avec les responsables du projet fribourgeois.

PAR JéRÔME GACHET

Où en est le futur centre sportif de la Gruyère? Une question que beaucoup de monde se pose dans le district. Conscient des difficultés, Patrice Borcard, le nouveau préfet, tente de lui donner un deuxième souffle.

Les communes se sont toujours montrées réticentes pour financer ce projet devisé à 75 millions. Qu’est-ce qui pourrait les faire changer d’avis?
Tout d’abord, je crois que personne ne conteste son utilité. Mais, pour l’heure, les charges sont lourdes pour les communes qui doivent déjà faire face, par exemple, à l’agrandissement du CO de Bulle et au troisième CO. Il faut donc définir les priorités et trouver le moyen de décharger les communes.

Quelle est votre solution?
L’idée est de trouver un partenaire qui prenne le risque des coûts de construction et d’exploitation. Les communes verseraient ensuite une location. Reste que pour trouver un partenaire prêt à prendre ce risque, il faudra que l’affaire soit rentable, ce qui, avec une patinoire et une piscine, paraît difficile. Le projet a plusieurs volets, dont la parahôtellerie. Le secteur de l’hébergement, du centre de conférences, du wellness ou de la restauration doit aider à compenser les pertes inévitables dues à la piscine ou à la patinoire. Des exemples réalisés ailleurs montrent que c’est jouable. Mais il faut trouver des synergies. Au niveau du tourisme, ce projet doit être pensé comme complémentaire à l’offre hivernale actuelle. Un beau défi pour un district jeune et en pleine explosion démographique.

Une autre solution serait de revoir le projet à la baisse…
Ce n’est pas l’option qui est à l’étude aujourd’hui. Il faut d’abord connaître toutes les possibilités de subventionnements cantonaux et fédéraux. Toutes les pistes doivent être étudiées. D’autre part, il est nécessaire de créer une fondation regroupant des personnes influentes. Tout comme j’aimerais mettre sur pied une association des amis, réunissant tout le milieu sportif. Cela donnerait une dimension populaire au projet, preuve que tout le district est derrière.

Pour que le centre sportif ait une chance de se réaliser, il faut d’abord que les communes acceptent l’idée de la régionalisation des sports. Chose qui n’est pas acquise…
Je peux comprendre les réticences de certaines communes. Il s’agit d’augmenter la part de l’investissement privé. D’autre part, il est important maintenant de créer le socle sur lequel on pourra construire le centre, à savoir l’association des communes pour la régionalisation des sports. Mais il convient de proposer deux niveaux: un premier regrouperait toutes les communes afin d’assurer la pérennité des infrastructures sportives lourdes – piscines de Broc ou de Charmey par exemple – ou, à terme, du centre sportif. Le second reviendrait à créer un pot commun destiné à financer les activités sportives.

Franchement, le district ne pourrait-il pas se contenter d’une piscine de 25 mètres au lieu de revendiquer un bassin de 50 mètres?
Le projet, tel qu’il est actuellement conçu, a besoin d’un grand bassin. Nous en avons d’abord besoin pour les écoles, dont les effectifs augmentent chaque année. D’autre part, nous souhaitons accueillir des camps d’entraînement et travaillons également à des infrastructures capables d’accueillir des personnes souffrant de handicap. Faire une croix sur le bassin de 50 mètres reviendrait à revoir l’entier du projet.

Concrètement, où en est le centre sportif?
La commission du centre sportif, qui dépend de l’Association régionale la Gruyère (ARG), travaille beaucoup sur ce projet. Elle vient de désigner un mandataire, choix qui devra être ratifié par le comité de l’ARG. Son rôle sera d’affiner le projet, d’élaborer un business plan et de rechercher de potentiels investisseurs dans le cadre d’un partenariat public/privé.

Le site a-t-il été choisi?
Non, il en reste toujours deux en lice: la Ronclina à côté du CO de La Tour-de-Trême et la plaine des Marches, à Broc.

 

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A quoi a joué Pascal Kuenlin? C’est la question que se sont posée de nombreux responsables du projet gruérien en apprenant que le président du Site sportif de Saint-Léonard (SSSL) avait obtenu un droit d’emption sur le terrain de la Ronclina, à Bulle. Terrain où est prévu… le centre sportif de la Gruyère.
L’information, parue dans La Liberté, a fait tousser. Pascal Kuenlin certifie qu’il n’a pas obtenu ce droit d’emption pour mettre des bâtons dans les roues du projet gruérien, mais pour une éventuelle opération immobilière. «Il était en effet prévu d’échanger le terrain avec la commune contre un autre où, effectivement, nous aurions pu développer un projet immobilier», explique-t-il. Il faut savoir que Pascal Kuenlin, député PLR au Grand Conseil, est aussi administrateur du Groupe Weck-Aeby. «Si j’avais su que cela provoquerait de telles réactions, je ne l’aurais pas fait. Je demeure convaincu que ce type d’opération reste une condition incontournable pour aider à financer de tels projets à vocation publique.» Pascal Kuenlin a d’ailleurs abandonné son droit d’emption.
«Du moment que M. Kuenlin l’a retiré, c’est liquidé. Je n’étais pas content de la manière dont les choses se sont déroulées, mais c’est désormais du passé», lance Yves Menoud.
Dossier également clos pour Patrice Borcard. Les deux hommes, ensemble hier matin à la Préfecture, ont rédigé un communiqué de presse commun. Ils déclarent «qu’il n’y a aucun différend entre les deux régions sur ce dossier. La polémique entretenue à ce sujet a pour conséquence de fragiliser l’avancement des deux projets.»
Les responsables des deux projets gruérien et fribourgeois souhaitent travailler main dans la main. «Il y a des synergies à trouver, les deux sites étant complémentaires», explique Pascal Kuenlin.
Les deux parties savent aussi que l’union fait la force, surtout face au Conseil d’Etat et au Grand Conseil. Le Gouvernement doit déposer d’ici la fin de l’année un décret de subventionnement des piscines. Or, comme l’a relevé Isabelle Chassot, le canton ne financera qu’une piscine de 50 mètres. Que chacun aimerait avoir dans son jardin.

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