Des salles communales pour garder de la vie aux villages

mar, 19. mar. 2019
En Gruyère, la plupart des villages disposent d’une salle communale polyvalente, comme ici à Sâles. Mercredi soir, les citoyens de Crésuz voteront sur le projet de La Chaumine, «pour favoriser le développement de la commune», affirme son syndic Jean-Claude Reymond-Joubin. ARCH – M. ROUILLER

PAR CHRISTOPHE DUTOIT

LA ROCHE

Au-delà de son utilisation comme salle de gymnastique, la halle polyvalente de La Roche est occupée une quarantaine de week-ends par année, selon le responsable technique des bâtiments communaux Christian Risse. «Son prix de location est attractif et on ne trouve pas beaucoup de salles de 450 places dans le canton. En plus, elle dispose d’une scène, d’une cuisine, de toute la vaisselle nécessaire…»

Plus petite (120 places), la salle de la Maison de ville, récemment rénovée, attire elle aussi de plus en plus de monde. «Le bouche à oreille fonctionne très bien. Elle est très prisée pour des anniversaires, des apéritifs de mariage ou des collations après des enterrements, explique le Rochois. Sa capacité est mieux adaptée que la salle polyvalente pour accueillir les assemblées communales.» La commune l’utilise deux jours par semaine pour ses commissions et ses réunions. «La situation est telle qu’on se demande comment on faisait avant», sourit Christian Risse.

SÂLES

Tout comme La Roche, la commune de Sâles dispose de deux salles communales: la halle polyvalente du centre sportif et l’ancienne scierie de Maules. «Les deux sites sont à louer, avec des tarifs différenciés pour les indigènes et les personnes extérieures, explique le syndic Jean-Marc Piguet. Les sociétés locales peuvent réserver leurs dates une année à l’avance via l’intersociété, sinon nous ne donnons pas de privilèges: les réservations vont aux premiers inscrits.» Selon le syndic, la Scierie est louée quasiment tous les weekends de l’année. «Notre but n’est pas que cette salle soit rentable, mais d’abord qu’elle soit à disposition de la population. Les rentrées des locations ne sont pas immenses, mais elles nous permettent d’amortir le coût des travaux sur une dizaine d’années. Si c’était à refaire pour la salle polyvalente, nous referions pareil, sans hésiter. En plus, nous sommes très complémentaires avec la grande salle de l’Auberge de la Couronne, également propriété de la commune, mais gérée par le restaurateur.»

CHARMEY

La commune de Val-de-Charmey a également décidé d’investir dans une salle communale, mise en fonction à l’automne dernier et qui sera inaugurée ce printemps. «Pour nous, ce n’est pas quelque chose d’extraordinaire, car la commune pouvait déjà louer les salles de l’Hôtel Cailler ou du Maréchal-Ferrant, expose le syndic Yves Page (plus en fonction depuis le 16 mars. Cette nouvelle salle est un outil fantastique pour le vivre ensemble. La liste des réservations se remplit déjà très vite.»

Comme escompté à Crésuz, Val-de-Charmey est également en passe de revitaliser son centre, pour gagner en convivialité. «Nous espérons que la place devant l’école et la salle communale deviennent une sorte de forum, un endroit à disposition de la population.»

RIAZ

Dernier exemple et non des moindres, le complexe communal de Riaz est également victime de son succès. «La salle n’est quasiment jamais libre! avoue le syndic Stéphane Schwab. Les gens se battent pour venir chez nous.» En particulier pour les lotos, à cause du grand nombre de places de parc et de l’accessibilité en transports publics. «Nos prédécesseurs au Conseil communal avaient vu juste. Nous essayons de garder un prix de location abordable. Et les rentrées nous permettent de financer l’entretien du bâtiment.»

Sans interférer dans les affaires de Crésuz, Stéphane Schwab voit d’un bon œil ce genre «d’investissements dans du concret et sur le long terme. Je n’y vois que du positif: ces salles communales permettent aux villages d’évoluer.» ■


«D’abord pour les habitants de Crésuz»

Fermée depuis bientôt trente ans, l’ancienne colonie de vacances de La Chaumine sera fixée sur son sort mercredi soir. «Depuis le rachat par la commune du bâtiment et des 5000 m2 de terrains attenants, aucun projet n’a concrètement abouti», concède Jean-Claude Reymond-Joubin, syndic de Crésuz. Dernier en date: le refus en 2013 par l’assemblée communale d’un droit de superficie à l’association Différences solidaires, qui envisageait la construction d’un centre de vacances pour personnes en situation de handicap et pour personnes âgées.

Après cet échec, la commune a lancé un sondage public pour savoir ce que les habitants souhaitaient pour ce lieu. Une majorité a évoqué l’idée d’une salle communale. «Crésuz est un village décentralisé. Les gens ont peu d’endroits pour se rencontrer, si ce n’est la déchetterie. Quelqu’un y a même installé une machine à café. Avouez quand même que ce n’est pas glorieux!»

En parallèle au lancement d’un projet de complexe communal, des réflexions ont amené les élus à reconsidérer le centre du village. «Nous voulons revitaliser le site autour de l’ancien four à pain, qui servira pour un usage public. La déchetterie sera déplacée de l’autre côté du bâtiment, au-dessous des anciens pavillons de l’école enfantine.»

Des envies à susciter

«Le groupe de travail aimerait que ce lieu soit vivant. Il ne s’agit pas de construire une salle vide à disposition du reste du canton. Nous voulons y voir des activités pour les habitants de Crésuz. Il y a des envies à susciter ou à canaliser: pourquoi pas de la gym douce, faire venir des artistes?»

En revanche, le syndic affirme que la salle «ne sera en aucun cas louée tous les week-ends, car nous ne voulons pas amener le loup dans la bergerie». De mauvaises expériences avec la location de l’abri PCi ont mis en émoi certains riverains. «Nous allons faire de la promotion pour des mariages, des réunions, des expositions.»

Des synergies sont déjà imaginées avec le Vieux Chalet, qui doit rouvrir cet automne. «Avec ses soixante couverts, le restaurant serait sans doute bien embêté pour recevoir un grand banquet de mariage, par exemple. Dans ce cas, la salle communale peut être un bon complément.» En revanche, le complexe communal n’accueillera pas lui-même de café à proprement dit, mais une cafétéria avec une machine automatique. Au reste, Jean-Claude Reymond-Joubin ne voit pas La Chaumine comme une concurrente à la nouvelle salle communale de Charmey. «Les deux sont complémentaires. Nous ne serons pas une salle de concert.»

Devisé à 5,9 millions, le projet bénéficiera d’un apport de la trésorerie communale de 1,2 mio. Les citoyens se prononceront donc sur un emprunt de 4,7 mio. Les coûts financiers sont estimés à 164 000 francs par année, auxquels il faut ajouter des frais de fonctionnement estimés à 48 000 fr. Des coûts en partie contrebalancés par des rentrées annuelles estimées à 77 000 fr. «Ce genre de salles communales ne sont pas censées être rentables. C’est avant tout un projet qui doit favoriser le développement de notre village.»

Hausse d’impôts en vue

Comme annoncé lors d’une séance d’information en février, le projet de La Chaumine provoquerait une hausse d’impôts dès 2022, dont le taux passerait de 72 à 77 centimes (+ 6,5%). Entre-temps, l’imposition aura certainement déjà passé les 67 centimes actuels à 72 centimes, pour pallier les effets pervers de la péréquation financière, malgré les réserves communales (La Gruyère du 23 février). CD

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