«Maintenant que je vais aux JO, c’est pour y faire quelque chose»

| lun, 30. avr. 2012
Ludovic Chammartin sera bien du voyage à Londres pour les Jeux 2012. Mais le Romontois fera le voyage seul. Entre joie et tristesse, il revient sur l’objectif de sa carrière.


PAR KARINE ALLEMANN


La situation était tellement alambiquée que, dès le début, on sentait que l’un des deux amis allait payer le prix fort. Alors, si décrocher son ticket pour Londres 2012 représentait l’objectif de toute sa carrière, Ludovic Chammartin peine encore à se réjouir, malgré la confirmation qu’il a eue d’être du voyage cet été. Car, sur le bord de la route, le judoka domicilié à Treyvaux laisse son pote Dominique Hischier, pas qualifié d’un rien. Le Marlinois David Papaux ne connaîtra pas cet honneur non plus. Le poids léger du JC Romont (– 60 kg) serait même le premier Fribourgeois à atteindre ce niveau.

Ludovic Chammartin, vous êtes qualifié pour Londres depuis samedi après-midi. Dans quelles circonstances?
Normalement, malgré mon élimination au deuxième tour des championnats d’Europe jeudi, j’aurais dû entrer dans les 22 qualifiés directement. Car, aux championnats panaméricains, mes adversaires sud-américains ont fait de mauvais résultats. Mais la fédération pan-a­mé­­ricaine a fait ce que, normalement, elle n’a plus le droit de faire depuis 2008, c’est-à-dire repêcher un concurrent éliminé au premier tour. Dès lors, un Vénézuélien en a profité et il m’est passé devant. Du coup, je me retrouve 23e au ranking olympi­que. En tant que meilleur judoka suisse, je suis repêché par la fédération. Cela ne change donc rien pour moi. Hélas, Dominique Hischier y laisse sa place.

On sent que vous avez de la peine à vous réjouir…
Je suis vraiment triste pour lui. Et je me sens coupable! Car si j’avais terminé dans les 22, ce que j’avais les moyens de faire, Dominique aurait été repêché. Or, quand il a perdu au deuxième tour à Tcheliabinsk, mon sentiment était double. Je savais que c’était bon pour moi, mais quasiment terminé pour lui. C’est terrible, car, pendant ces dix années de haut niveau, j’ai beaucoup appris à ses côtés. En plus, quand j’ai eu des coups de cafard, liés aux problèmes financiers, aux blessures ou aux mauvais résultas, il m’est arrivé d’avoir envie de tout planter. Il fait partie de ceux qui, à chaque fois, me répétaient que je de-vais continuer, que j’avais les moyens de me qualifier pour les Jeux. Maintenant, à 34 ans, il va arrêter sa carrière. Quand je l’ai ramené à la maison à notre retour de Russie, je me suis rendu compte que c’était la dernière fois.

Sportivement, êtes-vous déçu de devoir votre qualification à un repêchage et non pas à un rang dans les 22?
Non, pas dans ces circonstances. Ce système désavantage vraiment les Européens, car la fédération internationale veut un maximum de nations représentées aux Jeux. Dès lors, ce ranking olympique ne reflète pas la valeur réelle des athlètes. Mon seul regret est de ne pas avoir pu offrir le repêchage à Dominique. Si je ne m’étais pas blessé l’automne dernier, cela aurait été réglé. Mais c’est le sport. On ne maîtrise pas tout et parfois il se montre très cruel.

Vous devez cette qualification en grande partie à vos quatre podiums en Coupe du monde, dont trois en 2011. Qu’est-ce qui a provoqué le déclic?
Longtemps, je n’avais pas assez confiance en moi. Dès que j’affrontais un mec fort, j’avais l’impression de n’avoir aucune chance. Et puis, finalement, ce premier podium à Miami a tout déclenché. J’ai pris conscience que j’avais les moyens d’y arriver. Avec cette confiance, tout est plus facile.

Quelle est la suite de votre programme?
Je vais m’octroyer une semai­ne de pause, avant de reprendre l’entraînement. Puis, avec quatre jeunes judokas et un coach, nous partons pour un stage au Brésil du 19 mai au 12 juin. Nous y disputerons également le tournoi Grand Chelem de Rio. Il comptera pour beurre, mais ce sera un bon test avec beaucoup de judokas présents. Début juillet, nous participerons à un stage à Fribourg. Je pense que je partirai pour Londres une semaine avant le début de la compétition.

Une délégation du club de Romont sera-t-elle présente à Londres pour vous encourager?
Je sais que Joël Grandjean (coach et entraîneur) y sera, ainsi qu’Emmanuel Bussard (chef technique). D’autres pourraient avoir envie de venir, mais c’est très compliqué d’obtenir des billets.

Quand aura lieu le tournoi – 60 kg et quel sera votre objectif?
Le 28 juillet, le lendemain de la cérémonie d’ouverture… Cela veut donc dire qu’elle se fera sans moi. Comme la plupart des judokas de ma catégorie sans doute, à un jour de la compétition on préfère se concentrer. Disputer les jeux Olympiques représentait l’objectif de ma carrière. Maintenant que j’y suis, je ne peux pas m’en contenter. Et j’espère bien y réaliser quelque chose.

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