La vache fribourgeoise, des images pour l'histoire

| sam, 10. sep. 2016

Dès samedi, le Musée de Charmey propose sa 8e exposition autour de la thématique de la vache. Photographe et encadreur, Fabrice Savary mêle ses propres clichés aux images anciennes qu'il a dénichées et restaurées numériquement. En contrepoint, Norbert Clément montre sa poya confectionnée dans la tradition des santons de Provence.

Par CHRISTOPHE DUTOIT

EXPOSITION. A deux semaines de la 37e Rindya, le Musée de Charmey enfile dès ce samedi ses habits d’alpage et propose une exposition de photographies à l’enseigne d’Histoires de vaches fribourgeoises. Tous les deux à trois ans, le conservateur Patrick Rudaz aborde en effet la thématique de la vache et des rapports que l’activité pastorale entretient avec les «gens de la ville».
Après les peintures de Paul Yerly ou les collections de vaches miniatures, l’institution accueille les photographies de Fabrice Savary. Autodidacte âgé de 42 ans, ce fils d’agriculteur sâlois s’est passionné pour la photographie avant d’en faire son métier, au même titre que l’encadrement et le tirage. «Il y a quelques années, il m’a abordé avec cette idée d’exposition autour de la vache fribourgeoise, disparue au milieu des années 1970», explique Patrick Rudaz.
Le taureau et la frêle Lucie
L’exposition débute ainsi avec ce cliché de Baron, 4 ans, un massif taureau tenu par la frêle Lucie Python, de la ferme En Palud, à Bulle (photo). «Cette image m’a interpellé, avoue Fabrice Savary. J’ai alors décidé d’en chercher d’autres.»
De fil en aiguille, la pelote se dévide. «Fabrice Savary n’a pas recherché l’objectivité historique, mais il a plutôt voulu raconter des histoires autour de cette vache, dont la race s’est éteinte à cause d’une tare héréditaire. Pour sauver la production laitière, les agriculteurs ont évolué vers la race holstein», éclaire Patrick Rudaz.
Ainsi donc, Fabrice Savary tisse des liens entre ses propres images aux couleurs ultrasaturées et des clichés anciens, que le photographe a restaurés numériquement. «Certaines images étaient parfois en mauvais état et j’ai passé quatre heures dans Photoshop pour les réanimer, assure-t-il. C’est ce qu’il faut faire pour qu’elles puissent être vendues.»
Ciels dramatiques
«Pour moi, l’arrière-plan crée la photo. S’il n’est pas intéressant, je ne fais pas l’image», explique-t-il. Devant son objectif, les ciels sont dramatiques, les nuages menaçants, les lumières élogieuses. Toujours à l’affût, il montre des images à l’esthétique de magazines. Comme cette vache avec une larme à l’œil, prise aux Alpettes «au moment précis où un renardeau s’est assis durant dix secondes devant elle».
En contrepoint, le public retrouve des photographies en noir et blanc d’Edmond de la Chesnais, de Charles Morel ou de Simon Glasson – trois célèbres photographes de la région – mais surtout de nombreuses vues d’amateurs exhumées récemment. Notamment plusieurs magnifiques images d’Alphonse Jaquet, prises dans les années 1970, qui documentent une période peu représentée dans l’iconographie locale.
«Garibaldi» interdit
Les spectateurs découvriront aussi le fameux taureau fribourgeois d’Adrien Ecoffey,
qui a remporté le 1er prix au Concours agricole universel de Paris en 1856 et dont un tirage albuminé a été acquis en 2010 par le Musée gruérien, à Bulle. «Nous montrons également une photo de Garibaldi, un taureau que François Chappalley voulait montrer, en 1903, dans une exposition à Milan, raconte Patrick Rudaz. Mais les douaniers italiens ont refusé de laisser entrer un animal qui portait le nom du Héros des deux-mondes, l’un des personnages clés de la réunification italienne. L’agriculteur a dû le rebaptiser pour passer la frontière.»
L’exposition se poursuit avec une section poya/désalpe. Le dialogue entre images anciennes et actuelles est ponctué par la rindya de Norbert Clément, avec ses santons provençaux en terres cuites.
Tirées sur des toiles à la manière de peintures, «ces images magnifient notre région», poursuit Patrick Rudaz. La preuve à l’étage, avec une série de regards romantiques sur l’activité pastorale: des armaillis affairés à la traite, ce beau jeune muletier qui ravivera quelques charmants souvenirs ou ce bûcheron appuyé sur son manche cassé.


Musée de Charmey, jusqu’au 20 novembre, lu-sa 10 h-12 h et 14 h-17 h, di 14 h-17 h. Vernissage ce samedi, 17 h 30. www.musee-charmey.ch

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