«Le salon où l’entrepreneur peut compléter sa boîte à outils»

mar, 15. Jan. 2019

PAR YANN GUERCHANIK

La Fédération patronale et économique (FPE) invite l’entrepreneur à passer au salon. Ce jeudi et vendredi à Espace Gruyère, il trouvera pléthore d’exposants et de conférences. L’occasion de sortir la tête du guidon et d’observer les dernières tendances qui se dessinent. De quoi ajouter une corde à son arc. Quelque 1200 visiteurs sont attendus, de l’étudiant ambitieux au patron confirmé. Un événement à 300 000 francs de budget que la FPE coorganise avec Kunz Expo & Events et qui pourrait bien se renouveler selon une périodicité à définir. Les présentations avec le président du Salon Mathieu Fehlmann.

Comment est venue l’idée de ce Salon de l’entreprise?

Beaucoup d’entrepreneurs s’adressent à nous pour trouver des solutions dans des domaines spécifiques, que ce soit le marketing, la publicité ou l’informatique. Si les grosses structures savent où trouver des ressources, ce n’est pas forcément le cas des petites et moyennes entreprises. L’idée est venue de regrouper des services en un seul endroit, sous la forme d’un salon.

En quelque sorte, l’entrepreneur est invité à Espace Gruyère pour y faire son marché?

Nous disons aux chefs d’entreprise: «Prenez un ou deux jours, venez écouter et voir, venez compléter votre boîte à outils pour développer votre entreprise.» Compléter sa boîte à outils, cela peut signifier un logiciel, du matériel, mais aussi de nouvelles idées à découvrir lors de conférences.

A qui s’adresse le Salon?

Aux entrepreneurs, aux dirigeants. Mais également aux indépendants et aux cadres. De même qu’aux employés ou aux étudiants qui voudraient se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. Il s’agit avant tout d’un salon professionnel, mais un large public y trouvera de l’intérêt. Ceci d’autant plus que nous avons demandé à nos conférenciers un effort de vulgarisation.

Nous voulons traiter de digitalisation ou de Règlement général sur la protection des données (RGPD) de manière accessible. Par ailleurs, certaines conférences peuvent intéresser tout le monde, à l’instar de celle donnée par Diane Borcard, de Bebloom Academy, qui s’intitule «Se libérer des plaintes pour plus d’enthousiasme et d’épanouissement au travail et pas que…»

Le Salon se présente également comme une occasion de «lever certains freins». Qu’est-ce qui freine aujourd’hui les entrepreneurs dans notre région?

J’ai l’impression que la dernière génération ose vraiment y aller. Mais il lui faut surmonter bon nombre de défis. Prenez un menuisier qui veut se mettre à son compte. Autrefois, si c’était un bon menuisier, il s’en sortait. Aujourd’hui, il lui faut encore gérer une part administrative importante, il doit posséder des compétences juridiques,avoirdesconnaissances en comptabilité, en gestion des ressources humaines, en marketing, en assurances sociales… Notre idée est précisément de lui permettre de se concentrer sur son métier de base en lui faisant rencontrer des spécialistes qui l’aideront dans les autres domaines.

Comment jugez-vous le paysage fribourgeois des entreprises?

C’est un beau paysage! Nous avons de belles entreprises, notamment dans la construction, dans le second œuvre. Des entreprises qui travaillent bien dans la région, mais qui «s’exportent» également, entre autres du côté de la Riviera. Elles n’en doivent pas moins se battre au quotidien. La concurrence, notamment étrangère, est de plus en plus importante.

Cela dit, nos entreprises savent se montrer innovantes. Je pense, par exemple, à Tebicom qui a développé une application en collaboration avec le Groupe Grisoni pour la gestion digitalisée de chantier. Voilà deux acteurs de la région, aux compétences très différentes, qui travaillent de concert pour créer de nouvelles solutions.

On parle de plus en plus de l’industrie 4.0 ou de la révolution 4.0, de quoi s’agit-il au juste?

Prenons un exemple qui concerne Monsieur et Madame Tout-le-monde. Aujourd’hui, quand il n’y a plus de mazout dans la citerne d’un immeuble, le concierge téléphone au livreur. S’il n’y pense pas, il n’y a plus d’eau chaude ni de chauffage. Demain, les citernes seront connectées à ce qu’on appelle «l’internet des outils». A un certain niveau de remplissage, l’entreprise de mazout recevra automatiquement un message. Elle connaîtra la date de livraison à l’avance, ce qui lui permettra de gérer le temps afin de livrer au meilleur prix.

Quelles conférences vous réjouissez-vous d’écouter?

Il en est une qui m’intrigue particulièrement, celle intitulée «Analyser les données pour anticiper des pannes et des burn-out», par Xavier Bays et Benedikt Ramsauer, deux spécialistes de la science des données: je me demande comment ils font le lien entre des machines en panne et des personnes en proie au burn-out.

Dans un autre registre, je me réjouis d’entendre le fondateur d’Athletissima Jacky Delapierre qui viendra nous expliquer les raisons du succès de ce grand événement sportif. Une autre intervention très intéressante sera celle de Bernard Briguet. Le directeur romand de l’Association suisse des cadres parlera d’un certificat pour valider les compétences des exécutifs communaux.

Il y aura aussi plusieurs conférences qui aborderont la problématique de la transmission d’une entreprise. Et puis, il faut relever la présence du MIC, de BlueFactory et du Vivier: c’est la première fois que les trois pôles technologiques du canton sont réunis pour se présenter.

Les nouvelles tendances, ce ne sont pas seulement des nouveaux logiciels ou de nouveaux produits, ce peut être aussi une autre façon de travailler…

En effet, il existe de nouvelles tendances dans le management. L’Association suisse des cadres et PME Magazine présenteront du reste des projets pilotes de travail flexible. Christophe Barman viendra nous parler également de management libre et d’intelligence collective. Loyco, son entreprise, propose des services de conseil et d’externalisation (assurances, RH, comptabilité, fiscalité, gestion des risques) et privilégie le management participatif. Ce modèle peut aller jusqu’à se passer de patron! En fonction du projet, on désigne un leader. Ce sont là des pistes intéressantes. A suivre ou non, selon la façon dont on veut vivre et travailler. ■

Bulle, Espace Gruyère, jeudi 17 janvier, de 9 h à 20 h, vendredi 18, de 9 h à 17 h. Programme et billetterie sur www.salon-de-lentreprise.ch


Des assurances à la digitalisation

Le premier Salon de l’entreprise proposé par la Fédération patronale et économique à Bulle couvrira des domaines aussi variés que la transmission d’entreprise, le marketing, la communication, les ressources humaines, ou encore les assurances, les banques, la bureautique et la domotique. Quelque 70 exposants y présenteront leurs services. Des incontournables comme la Banque cantonale de Fribourg, le Groupe Mutuel, la Promotion économique du canton, Liebherr, UBS Switzerland ainsi que les parcs d’innovation et les pôles technologiques fribourgeois. Mais aussi bon nombre de start-up et de PME actives dans les dernières tendances de l’entrepreneuriat.

Au-delà des services et solutions à découvrir dans les travées d’Espace Gruyère, le cœur du salon battra au rythme de 40 conférences. Ces dernières se dérouleront dans deux salles de 150 et 100 places assises. En plus des interventions relevées par le président du Salon Mathieu Fehlmann (voir ci-contre), citons, entre autres, «Votre marque, c’est bon pour la santé!» par Michael Kamm de l’Agence Trio, «Les compétences à développer comme leader» par Alain Bauer, de PRH Suisse, «Travaillons ensemble sur une transition numérique responsable» de Florian Revaz, d’Ecotic, «La digitalisation des entreprises: effet de mode ou question de survie?» par Jean Respen, de Dootix, «Développer ses ventes en ouvrant un shop en ligne» par Marc Vincent, d’Emblematik, ou encore «Le positionnement d’une marque dans un marché très concurrentiel. Comment se démarque Omega» par le responsable de la communication de la marque horlogère Jean-Pascal Perret. YG

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