Bulle est une ville de sport, même si elle n’en a pas l’air

| jeu, 14. fév. 2013
Le projet de Centre sportif avance à petits pas tandis que le problème de patinoire se fait urgent. Coordinateur des sports pour la ville de Bulle, Philippe Fragnière fait le point. «Les choses avancent lentement, mais le sport coûte cher.»

PAR KARINE ALLEMANN


Aucun grand club phare en ligue nationale, un projet de centre sportif régional qui avance peu et des clubs qui en voudraient plus: la ville de Bulle n’aurait-elle pas la fibre sportive? Coordinateur des sports pour la commune depuis juillet, Philippe Fragnière démontre le contraire. Le prof de sport établi à Hauteville évoque les différents projets de construction et dit comment il rêve la ville dans dix ans.

Le Centre sportif, des promesses dans l’air… du temps
Passé l’euphorie du début, la possibilité d’un grand centre sportif régional en Gruyère fait place à un scepticisme poli, quand ce n’est pas le sourire désabusé de celui qui n’y croit plus. Le lieu n’est pas défini (La Tour-de-Trême ou Broc?) et, du côté politique, la collaboration financière entre les communes sous forme d’une régionalisation du sport n’a pas encore été acceptée. On l’attendait pour 2012, ce sera au mieux durant le premier semestre 2013.
«Au départ, on a voulu tout mettre dans ce centre sportif, rappelle Philippe Fragnière. Un Spa, un hôtel… Je pense que le groupe de travail et l’ARG ont pris le bon virage en se fixant deux priorités: une piscine et une patinoire. Tout ce qui viendra s’ajouter sera le fruit d’un financement privé. Si cela avance aussi lentement, c’est qu’à chaque étape il faut l’accord de tout le monde.» Et si la régionalisation du sport devait être refusée? «Cela changerait beaucoup de choses, évidemment.»
La fondation pour le site sportif Saint-Léonard, à Fribourg, a elle aussi l’ambition de construire une piscine olympique. Doit-on se battre en Gruyère pour ce type de bassin? «Pour moi, la dimension n’est pas le plus important. Ce qui comptera, ce sera les huit lignes d’eau pour permettre aux clubs de bien s’entraîner et à la population de venir nager. Il faudra aussi un bassin adapté aux personnes handicapées et aux enfants.»

Patinoire provisoire à ciel ouvert
En attendant, «le problème prioritaire, c’est la patinoire», souligne le coordinateur des sports. Pour la saison 2013-2014 de hockey et de patinage artistique, sur les 160 jours de glace qu’une saison nécessite, seuls 97 jours seront ouvrables à Espace Gruyère. Une des solutions serait la construction d’une patinoire ouverte provisoire sur le terrain extérieur du Centre équestre de Bouleyres.
Plusieurs centaines de milliers de francs seraient nécessaires. A qui de payer? «Comme la régionalisation du sport n’entrerait en vigueur que pour 2014, il n’y a que Bulle, rappelle Philippe Fragnière. La commune est prête à faire un effort, mais les clubs devront participer également.»
Sauf que le président du HC Bulle-la Gruyère dit ne pas en avoir les moyens. «C’est sûr. Mais s’ils doivent louer 60 jours de glace ailleurs, cela leur coûterait aussi de l’argent.»

Bouleyres, c’est la zone
Le stade de Bouleyres a été construit dans les années 1970. Des installations (terrains de foot, piste d’athlétisme et vestiaires) conçues pour une population de 10000 personnes. Aujourd’hui, Bulle compte 20000 âmes et, excepté la tribune lors de l’ascension du FC Bulle en Challenge League en 2003, rien, ou presque, n’a été refait. Dernièrement, un crédit d’étude de 150000 francs a été accepté pour une analyse de la zone de Bouleyres dans son entier. Conclusions attendues dans trois à six mois.
Ce qui a déjà été décidé, c’est l’installation de quatre conteneurs courant 2013 pour fournir huit nouveaux vestiaires aux utilisateurs du stade (coût 400000 francs). Leur emplacement dépend encore de la construction, ou non, de la patinoire provisoire, car les patineurs pourraient également en profiter. Quant à savoir jusqu’à quand ce provisoire va durer, cela dépend des futurs aménagements de la zone de Bouleyres. «Le cas échéant, ils pourront être revendus», précise Philippe Fragnière.
Du côté du club de foot, on réclame la construction de terrains synthétiques. En assemblée générale, le FC Bulle a rappelé qu’il devait refuser des jeunes, par manque de place. «Les footballeurs comptent quatre terrains d’entraînement, et un cinquième terrain est ouvert au public. On ne peut pas dire qu’ils sont à plaindre. Par contre, avec les synthétiques, on quadruple l’utilisation. Selon un examen de la situation avec l’Office fédéral du sport, pour une ville comme Bulle, l’idéal serait deux terrains synthétiques.»

Salles de gym ouvertes aux entreprises mécènes?
Avec trois nouvelles salles de gym pour septembre 2013 (deux à la Condémine et une à La Tour-de-Trême), la ville a de quoi répondre aux demandes. «Une réorganisation totale est prévue pour la rentrée. L’idée est de regrouper les clubs au même endroit pour éviter les problèmes de matériel. Pour la ville, c’est une grande victoire d’avoir pu construire une salle double avec parquet à la Condémine.»
Et Philippe Fragnière d’évoquer une idée originale: «Notre projet serait d’ouvrir ces salles le soir pour la population, en partenariat avec Centranim. Et à midi pour les entreprises de la région. En retour, celles-ci participeraient financièrement à nos grands projets.»
Privés de local cantonal d’entraînement depuis la fermeture des locaux de Saint-Gobain, les gymnastes rêvent de construire leur propre salle à Bulle. «La commune a fait sa part en mettant le terrain à disposition (n.d.l.r.: 1530 m2 situés en zone d’intérêt général près du Centre de tennis). Pour le reste, il s’agit d’un projet privé.»

Les sports collectifs à la peine
La Challenge League semble désormais inaccessible pour le FC Bulle. Le hockey a été relégué en 2e ligue, le basket a retiré son équipe de 1re ligue, le volley ne va pas plus haut que le niveau cantonal… Cette morosité serait-elle due aux problèmes d’infrastructures? «Non, c’est juste que le bassin de population n’est pas énorme. Le foot a réussi à le faire à une époque. Avec le basket, nous n’étions pas loin de la LNB. Puis quelques joueurs ont arrêté et il n’y avait pas suffisamment de jeunes derrière. La FSG Bulle est très sélective dès l’âge de 6 ou 7 ans et obtient des résultats au niveau suisse. Pour les jeunes qui en veulent, un système permet d’aménager ses études pour s’entraîner davantage. En basket, cela se développe à Fribourg pour les filles et les garçons, pour le foot aussi.»
Un club phare ferait-il avancer les différents projets de construction? «Je ne crois pas. A Fribourg, malgré deux équipes de LNA en basket, c’est grâce à un financement privé que la salle Saint-Léonard a pu se construire. La commune seule n’aurait pas pu se le permettre.»

Bulle, ville ouverte
Philippe Fragnière l’assure, toutes les communes n’ont pas la corde aussi sensible que Bulle pour le sport. «Trois équivalents plein temps ont été créés pour des profs de sport qui donnent des cours d’appui dans les écoles primaires. Le sport facultatif propose 25 activités différentes à 600 élèves. Le site internet de la commune regroupe 70 clubs de sport en Gruyère.»
Le budget de la commune alloué au sport se monte à 2 millions. «Ce qui représente 2% du budget total. Toutes les communes gruériennes en font-elles autant? Je n’en suis pas sûr.» Sur ce montant, les subventions ordinaires versées aux clubs se montent à 110000 francs, tandis que 130000 francs constituent des subventions extraordinaires pour l’organisation de grands événements. «Les subventions sont versées aux clubs en fonction du nombre de jeunes et de Bullois. Cela peut aller de 1500 francs par année à 15000 francs.»
La population, elle, peut profiter de la forêt de Bouleyres, bien sûr, du skatepark, d’un panier de basket extérieur à la Condémine et du terrain de foot numéro 5, à Bouleyres, ouvert au public. Sans oublier Bulle Bouge. «Il y a un projet d’urban training avec le Panathlon. L’idée serait de télécharger une application avec un chemin virtuel à suivre en ville, avec des exercices, des rappels éthiques et sur l’histoire de la commune.»

I have a dream
Comment le coordinateur rêve-t-il sa ville dans dix ans? «Bulle serait un pôle très fort au centre d’un réseau de collaborations. Le Centre sportif comprendrait une piscine et une patinoire. J’imagine aussi une zone de Bouleyres très étendue, verte, agréable à la population, avec des activités intégrées dans la nature. Et il y aurait ce genre de zone sportive un peu partout en Gruyère.»
Philippe Fragnière veut y croire. Car le coordinateur l’affirme: Bulle est une ville de sport. «Maintenant, le gros point à régler, c’est les nouvelles infrastructures. Mais le sport coûte cher. C’est pour cela que seul le travail d’équipe permettra de réaliser quelque chose.»
 

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