Lutin jaune dans un monde noir

| jeu, 11. mai. 2017

Vous aimez les romans noirs suédois? Essayez le jeu vidéo du même pays. Little nightmares vient de sortir sur PC et consoles. Esthétiquement superbe, le titre tient ses promesses.

Par XAVIER SCHALLER

Une toute petite fille en ciré jaune perdue dans un monde cauchemardesque. Un seul objectif dans Little nightmares: survivre et avancer! Sorti sur PC et consoles, le jeu mise sur un univers malsain, beau et dérangeant, avec une narration tout en ellipses.

Pas d’introduction vidéo, pas de tutoriel ou d’explications en début d’aventure. Le joueur prend directement le contrôle du minuscule personnage, Six: chaperon jaune miniature perdu dans un monde de métal et de bois. Il y a du Jean-Pierre Jeunet dans les décors, du Tim Burton dans les personnages. En tâtonnant, on trouve les quelques touches utiles: sauter, interagir avec les objets, allumer son briquet. Dans cet univers sombre, cette ridicule flammèche représente l’espoir, souvent vain, de voir venir le danger.

L’aide n’est pas totalement absente du jeu, mais réduite à son minimum. Par exemple, après que Six s’est fait griller par une barrière électrifiée, un texte indique qu’une touche permet au personnage de sprinter et d’éviter la mort la prochaine fois. Fracassée lors d’une chute, étouffée par des mains sorties de nulle part, brûlée, les agonies seront nombreuses pour l’héroïne. Les sursauts et les frissons garantis pour le joueur, qui pourra revivre un large éventail de ses cauchemars de gosse. Le titre est ainsi conseillé à des personnes de seize ans et plus.

Comme le décor tangue, on pense dans un premier temps être embarqué sur un bateau. Au fil du jeu, la taille et la variété des décors convainquent qu’il s’agit d’autre chose. Quoi? Il faudra jouer quelques heures pour le découvrir, car la narration mise sur le minimalisme. Ce qui constitue à la fois une force et une faiblesse du jeu. L’envie de comprendre scotchera certains joueurs à leurs manettes – d’autant que l’expérience se renouvelle sans cesse et que les niveaux, mêlant exploration, infiltration et fuite, s’enchaînent en évitant toute routine. Mais le manque d’informations et l’absence de fil rouge peuvent décourager. Notamment les personnes peu sensibles à l’ambiance générale, pourtant parfaitement servie par un son design discret, mais efficace.

Concernant l’animation, elle se révèle fluide et agréable. C’est l’une des marques de fabrique de Tarsier Studio, qui s’est fait connaître en 2008 avec le best-seller pour enfants Little big planet. Derrière ce nouveau titre, on trouve aussi l’éditeur japonais Namco. Pour les nostalgiques, ce nom fleure bon le jeu d’arcades, les bornes à écran cathodique, les pièces d’un franc et les joysticks à boule (Pac-Man, Pole position, Time crisis, Tekken).

Principal défaut de Little nightmares: les angles de caméra. Ceux-ci rendent parfois le positionnement aléatoire. Ce qui peut agacer quand Six se fait happer pour avoir raté une porte ou qu’elle effectue une chute mortelle évitable. Mais cette faiblesse ne pèse pas très lourd face aux indéniables qualités d’un titre original, à l’ambiance morbide et aux décors somptueux. A jouer de nuit et avec un casque. Pour profiter au maximum de l’ambiance sans effrayer toute la maisonnée.

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