A propos de nos forêts.
Un dimanche de début juin, il faisait beau, il faisait chaud. Afin de garantir une promenade à l’ombre, j’ai choisi de faire l’ascension de La Berra via le chalet du Piolet-Club. J’avais découvert cet itinéraire avec le CAS et je me réjouissais d’en présenter le charme et la tranquillité à mon épouse. Une fois ma voiture stationnée au bord du chemin des Botteys, nous sommes allés de déceptions en déplorations. Après quelques dizaines de mètres, le chemin a été «amélioré» par un parterre fait d’une cinquantaine de jeunes troncs écorcés. Le terrain étant marécageux, ce revêtement devait probablement permettre à de grosses machines de ne pas s’enfoncer. Juste après, le sentier se met à grimper vers le nord. La tristesse continue. Des trax et des engins de transport de bois ont massacré la sente, les petits ponts qui enjambent le ruisseau de la Cuetze et démoli tout le sous-bois sur environ un kilomètre. Je ne peux pas m’empêcher d’émettre des hypothèses sur les raisons de ce désastre. La première, donnant bonne conscience aux entreprises de bûcheronnage: entretenir la forêt. Comme si notre Créateur avait besoin de nous pour gérer la nature. La deuxième, c’est évidemment le fric. Il faut abattre beaucoup dans un minimum de temps pour que ce soit rentable. Et si nous faisions les choses autrement? Par exemple, nous pourrions subsidier les bûcherons, afin de leur permettre de faire leurs travaux à l’ancienne, avec des chevaux? On peut rêver, mais quel progrès ce serait! Ainsi et par ailleurs, on n’aurait pas eu besoin d’aligner des troncs sur les premiers cinq cents mètres du chemin défoncé par les machines, pour la traversée de la plantation de la Chia; les routes bétonnées à travers Bouleyres ne serviraient plus de piste de course motorisée et les sentes de la Berra auraient encore un petit air de paradis terrestre. Pierre Martignoni, Bulle
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